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What kind of spider understands arachnophobia ?

Given free will but within certain limitations,
I cannot will myself to limitless mutations,
I cannot known what i would be if i were not me,
I can only guess me.

So when i say that i know me, how can i know that ?
What kind of spider understands arachnophobia ?
I have my senses and my sense of having senses.
Do i guide them ? Or they me ?

The weight of dust exceeds the weight of settled objects.
What can it mean, such gravity without a centre ?
Is there freedom to un-be ?
Is there freedom from will-to-be ?

Sheer momentum makes us act this way or that way.
We just invent or just assume a motivation.
I would disperse, be disconnected. Is this possible ?
What are soldiers without a foe ?

Be in the air, but not be air, be in the no air.
Be on the loose, neither compacted nor suspended.
Neither born nor left to die.

Had i been free, i could have chosen not to be me.
Demented forces push me madly round a treadmill.
Demented forces push me madly round a treadmill.
Let me off please, i am so tired.
Let me off please, i am so very tired.


Le titre de cette chanson de Robert Wyatt est bien Free Will and Testament. Il se trouve que j'adore la phrase What kind of spider understands arachnophobia? Je l'adore, elle me fascine, j'essaye de la comprendre, pas sûr d'y arriver totalement, par défaut je pense à Tintin et l'île noire et à l'araignée qui effraye Milou : la petite bête fait peur à la grosse. Mais qui fait peur à Robert ?

God a doG

Robert Wyatt

Peu de gens le savent déjà, mais Robert Wyatt est un dieu. La barbe le prouve. Un dieu totalement humain : pour avoir tenté de marcher sur la fine pellicule d'air qui prolongeait une fenêtre , Robert s'est écrasé un étage plus bas, ou deux, ou trois peu importe. L'air, de ce point de vue, est plus traître que la glace. Mais Robert n'est pas mort. Il est devenu un éclopé, un éclopé en fauteuil, un éclopé socialiste, un éclopé qui picole. Un vrai dieu païen. Et ce n'est pas rien !


Moondog

Autre dieu, vicking cette fois : Moondog. Le chien de la lune. Autre éclopé. Jeune, chien fou, il a ramassé un bâton de dynamite ou une grenade peu importe. Le fruit trop mûr lui a explosé au visage et l'a rendu aveugle.
Plus tard, il s'approprie un angle de rue à Manhattan, le Moondog's Corner : il joue sa musique, vend ses poèmes. Habillé en viking bien sûr.



Un morceau que j'aime beaucoup : Just as you are. Tiré du très bon album Comicopera. Il faut savoir être patient avec la musique du sieur Wyatt. On achète l'album et ensuite on l'apprivoise, à part peut-être Shleep, dont l'abord est plus immédiat. Comicopera est donc devenu, avec le temps, un très bon album.
Just as you are, chanson à deux voix, dialogue entre un homme et une femme. Ca parle de mensonges, de promesses qu'on ne tient pas et il y a ce refrain bouleversant : 

Cause i'm never going to change a thing about you,
never ever going to change a thing.
I'll try to love you, 
just as you are.

C'est beau, on a envie d'y croire.

 


Pour les Vikings, l'homme est l'égal de l'arbre. Et le chien celui de l'oiseau ? Moondog composa ce morceau en hommage à Charlie Parker. Bird's lament. La tristesse du chien qui a perdu son ami.





Un oiseau, un chien, un divin nez clopé. Quelle belle compagnie !
Mon histoire est finie, là-bas trotte une souris. Celui qui l'attrapera, un bonnet de fourrure se fera.